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La vie somme toute (presque) ordinaire d'un mec (presque) quelconque |
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Mes zamis de moâ
Des petites appli sympa.
ou comment perdre agréablement son temps...
Des ptits jeux pour perdre son temps.
Un peu de tout sur tout...
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February 08 5 Bonnes raisons d’aller voir "L’Etrange histoire de Benjamin Button"Petite séance en salle obscure samedi soir en compagnie de mes acolytes habituels, Stéph & Laurent, Nadia, myself et Isa qui s’était adjointe à la bande de gai-lurons le temps d’un week-end pluvieux à Saint-Jean-de-Luz. Pas trop de choix pour cette charmante bourgade dont l’unique cinéma possède 2 salles proposant chacune un film par semaine. La sélection fut donc vite faite quoique le film ne fut pas en VO – sacrilège – mais vulgairement traduit en langue vernaculaire. Non… pas en basque, fort heureusement : en Français... Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler le prétexte du film : l’histoire extraordinaire de Benjamin Button qui – né atteint de tous les maux dont souffrent ceux qui ont atteint le crépuscule de leur existence – va rajeunir physiquement au fur et à mesure que Dame Nature opère son irréversible transformation sur le reste de l’humanité. Pourquoi devez-vous aller voir ce film ?
Tout d’abord, 5 MAUVAISES raisons d’aller voir "L’Etrange histoire de Benjamin Button" :
Même si c'est un peu futile et facile comme ensemble d'arguments, en soi c'est déjà pas mal. Mais tentons d'aller un petit peu plus loin dans notre esquisse de critique. Car voici 5 vraies BONNES raisons d’aller voir "L’Etrange histoire de Benjamin Button": Bonne raison n°1 : Brad Pitt (So cute…) et Cate Blanchett (So lovely) sont magnifiques.
![]() Enfin, quelques répliques qui m’ont marqué, peut-être parce qu’elles entrent en résonnance avec des préoccupations qui me sont actuelles : " Rien ne dure "[C’est pourquoi il faut savourer chaque instant]" Je te souhaite d’avoir une vie dont on peut être fier. Et que si tu t’aperçois que ce n’est pas le cas, que tu auras la force de recommencer " February 06 Mon oeil !Petite variation débilitron d’une publicité trouvé ce soir dans ma boite à lettres…
Bon week-end ! February 02 Episode 1 : Astrid le hamster tétraplégique de l'arrière trainLes aventures trépidantes de Astrid,
le hamster tétraplégique de l'arrière train
Episode 1 :
Astrid, le hamster tétraplégique de l'arrière train
Prologue
« Le lendemain du quatrième jour où il avait créé des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit, Dieu, qui s'était un peu laché sur la Margarita et la Libanaise, décida de s'amuser un peu avec la création. Après avoir réfléchi longuement et s'être gratté les moustachesà de nombreuse reprises (hé non, contrairement aux représentations naïves de l'iconographie populaire, Dieu ne porte pas une belle longu e et soyeuse barbe blanche, mais bel et bien une fière moustache, soigneusement brossée soit dit en passant, noire d’ébène. Nous tenions à ce que la vérité éclate aux yeux du monde - c’est désormais chose faite), revérifié la théorie fractale des métacordes à diametroscopie convergente (théorie non encore découverte par nos géniaux savants et qui devrait révolutionner la culture des pissenlits sous serre en milieu marécageux) et rationalisé la recette des pancakes à la crème de castor, Dieu créa diverses créatures stupides telles que le phytochondron laineux, la marmouche cendrée, Larusso, Lââm et la girouflette hydorcéphale rieuse. Mais finalement, au bout de quelques gratouillages de moustaches supplémentaires, il se rendit compte de l'inanité de ces bébêtes, se ravisa et créa ce chef-d'oeuvre absolu du règne animal : le hamster.
Et Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le cinquième jour. » Toute ressemblance avec des faits, des lieux et des personnages existants ou ayant existé, serait totalement fortuite. Ou pas...
* * * Blotti derrière sa touffe de paille et les menus barreaux de sa cage en plastique jaune, Astrid menait bon-an mal-an sa petite vie insipide de rongeur facétieux. Itinérant de sa roue cage qui fait « krrrrrrrrrrrrrr » à la gamelle à friandises régulièrement remplie par ses heureux propriétaires – la famille Cabécou - Astrid ne rêvait que d'une chose : conquérir le monde. Mais c'est un tout autre sors que le Destin lui avait réservé, bien loin des immenses steppes de l'asie centrales et des vastes villes où pullule l'activité humaine. Ses deux membres arrières à jamais engourdis par les méfaits d'un matou un peu trop gourmand qui lui avait asséné un redoutable coup de patte en prélude à ses canines acérées, et des crocs duquel il avait réchappé de justesse grâce à l'irruption providentielle de Noémie, la cadette, hurlant à la mort parcequ'elle s'était collé un chewing-gum dans les cheveux, Astrid avait dû revoir ses intentions dominatrices sévèrement à la baisse et limiter son royaume aux quelques centimètres-carrés de son antre plastifiée. Maigre revanche pour un esprit conquérant de son espèce... Il n'était pas très malheureux en réalité. Mais pas très épanoui non plus. Ses journées se limitaient à quelques galipettes acrobatiques dans la roue cage, se remplir la panse, essaimer quelques crottes par-ci par-là, et faire la sieste dans la paille, contemplant d'un oeil résigné le vaste monde observable à travers les barreaux de sa cage : le salon de la famille Cabécou et un bout de verdure à travers une lointaine fenêtre donnant sur la rue. En fait il lui arrivait même de penser au suicide : se livrer tout entier à l'estomac d'un matou affamé, se jeter héroïquement dans un mixer en marche, ou sauter dans la gueule béante de l'aspirateur... ce ne sont pas les idées qui manquent. Néanmoins, son handicap le privant d'une grande partie de sa mobilité, c'est déjà à grands frais qu'il se hisse en haut de la mezzanine de carton aménagée en haut d'un rouleau de papier WC vide. Alors, de là à tenter des exploits pareils... Astrid se contentait donc de sa pathétique petite vie peinarde de hamster. De façon tout à fait incidente, et avant d'aborder à proprement parler les aventures trépidantes de Astrid, notre hamster tétraplégique de l'arrière train, nous tenons à rassurer nos lecteurs.
Oui, vous avez bien lu : nous parlons de Astrid au masculin. Car contrairement aux apparences, Astrid n'est pas une femmelle hamster mais bien un mâle, et même sacrément gâté par la nature. Il aurait certes préféré arborer le nom de grands héros de l'histoire dont on raconte encore aujourd'hui les exploits dans les livres : Alexandre, César, Charlemagne ou Napoléon, mais encore une fois le Destin en avait décidé autrement par le truchement d'une idée saugrenue de Noémie la peste qui voulait absolument baptiser le petit animal Astrid, en hommage à sa poupée préférée disparue inopinément dans un accident d'essoreuse meurtrière. On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille...
Mais venons en à nos moutons... enfin, ... à notre hamster. Ce jour là était on ne peut plus ordinaire pour Astrid, c'est à dire d'un ennui assommant. Pourtant, Astrid ne le savait pas encore, mais sa bonne étoile allait briller intensément comme jamais bonne étoile avait brillé au firmament d'un rongeur. A suivre… January 27 Tambour Major chez les Chtis
Ce week-end j'étais parti faire un tour au pays des Chtis. - Encore ?? S'exclameront certains, étonnés de me voir me trimballer régulièrement d'un bout à l'autre de l'hexagone. - Lille ?? Mais quelle idée !! Se gausseront d'autres un tantinet plus taquins, tant il peut paraître saugrenu qu'un Toulousain abandonne le pays du soleil pour aller passer un week-end dans le grand Nord. Pour couper immédiatement court aux moqueries et satisfaire vos interrogations et jacassement de volières, j'admets que si l'invitation ne m'avait pas êté lancée par le Doyen de la Faculté Libre de Lille lui même, jamais - ou très difficilement - aurais-je eu l'idée moi même de m'exiler au pays des Chtis. Car oui, le week-end était dabord dédié au travail. Nous verrons plus tard ce qu'il en fut réellement... Aller à Lille depuis Toulouse relève normalement de la formalité la plus élémentaire depuis que le laborieux canasson a été remplacé par une ligne aérienne directe quotidienne reliant les deux villes situées à peu près aux antipodes de notre belle France : il suffit de s'envoyer en l'air à peine plus d'une heure trente pour se retrouver d'une ville à l'autre. Je dis bien "normalement"... Car NON, mon voyage ne s'est pas déroulé dans des circonstances tout à fait normales. Il a réussi l'exploit d'éluder toutes les phases normales du genre, de sorte que mon départ pour Lille prit des contours d'une épouvantable épopée. Tout a commencé dès mon arrivée à l'aéroport de Toulouse. Le vol étant prévu pour 9h, je me pointai logiquement une courte heure avant, histoire de pouvoir parer à d'éventuels impondérables dont la particularité première est l'imprévisibilité, ça va de soi. Après avoir trouvé le check-point, je me présente au guichet et annonce à l'hôtesse que je viens pour le vol à destination de Lille. Elle me répondit par une moue embarassée " Heeeeu, oui, bon... mais le vol est suspendu monsieur !" Petite sueur froide qui parcourt l'épine dorsale, ce n'est qu'un contre-temps, tout va rentrer dans l'ordre... Je m'enquerrai alors des vicissitudes occasionnant cette fortuite suspension du vol et évoquai la tempête sévissant en ces instants sur les cotes du Nord de la France. "Ho non pas du tout" me répondit-elle "il y a une fuite sur le réservoir, et nos techniciens sont en train de voir s'ils peuvent réparer. Revenez dans 30 minutes nous en saurons davantage"... Oui oui, c'est cela, réparez... j'ai pas envie de finir en barbeque à 10.000 pieds !! Après avoir tout de même enregistré mon bagage - que je ne devais pas revoir avant longtemps, ce que j'ignorais alors - et m'avoir gracieusement offert en guise d'indemnité un bon pour un petit déjeûner au restaurant de l'aéroport, me voici à attendre sagement que le temps passe, espérant toujours - naïvement - être Lillois sur le coup de 11h du matin.
Leur expliquant pour la seconde fois que je DEVAIS être à Lille pour 16 heures maximum, une belle et grande hôtesse comme on en voit dans les magazines, munie d'un talkie-walkie s'approche de moi et suggère une alternative qui me permettrait de joindre Lille dans les temps : un vol pour...Strasbourg... Oui, c'est étonnant, totalement irrationnel, il faut avoir fait bac+12 en logistique pour comprendre ce genre de chose, mais je vous assure qu'on me l'a proposé. Et comble du pire : j'ai accepté !! N'ayant pas trop le choix, me voici quelques heures plus tard dans un coucou bi-réacteur tellement petit qu'il m'était impossible d'y tenir debout sans me recroqueviller, à destination du pays du gewurstraminer, et d'autres souvenirs que ma mémoire n'a pas encore effacés. 14h30 nous voici arrivés à Strasbourg ! On me fait descendre en priorité pour ne pas rallonger immodérément la correspondance, accueil VIP en véhicule de service au pied de l'avion, direction l'aéroport pour passer une fois encore les contrôles d'usage pour le cas où j'aurais fabriqué une bombe durant le précédent vol, on n'est jamais trop prudent ! Et au bout de quelques courtes minutes d'attente, la petite vingtaine de passager que nous sommes embarque dans le même avion que celui que je venais de quitter demi heure auparavant. La bureaucratie ne connait aucune limite !
L'aéroport de Lille est minuscule et possède un unique tapis roulant vomissant les bagages fraichement extirpé des soutes vrombissantes de coucous en perdition dans ce lointain et plat pays du Nord/Pas-de-Calais, ce qui facilite d'autant l'identification de son bien, à condition toutefois qu'il ait suivi son propriétaire. Ce ne fut bien entendu pas le cas du mien qui, joueur, avait décidé de m'attendre ailleurs. J'apprendrai rapidement qu'il était en séjour à Strasbourg mais comptait me rejoindre sur le prochain vol qui arrivait trois heures plus tard. Ben voyons ! Donc, après avoir fait le pied de grue dix bonne minutes, espérant qu'il apparaisse comme par enchantement, je me résignais à faire une réclamation et récriminais déjà de subir les affres d'une nouvelle confrontation avec de fastidieuses autorités administratives. Fort heureusement, je suis tombé sur un monsieur d'une gentillesse rare qui a tout fait bien comme il faut, qui m'a plaint un peu (ben si quand même, jusque là c'est la grosse loose mon histoire !!), a téléphoné à mon hôtel pour les prévenir qu'un bagage allait être livré pour moi et de le mettre de coté en attendant mon arrivée dans la nuit. Ce gentil monsieur - un ange ? - est même allé jusqu'à m'accompagner aux taxis qui, de leur pied de plomb, m'on conduit jusqu'aux portes de l'université catholique de Lille où une bande de joyeux drilles m'attendait de pied ferme pour festoyer. La soirée commence par une pétillante cérémonie de remise de diplôme à des étudiants de Master, suivie d'un cocktail de fort bon aloi : un petit four par ci, quelques délicieuses brochettes salées savamment composées par là, quelques coupes de champagne de prermier choix, un serrage de main à droite, une bise à gauche, quelques éclats de rire et une bonne vanne plus tard, il est 22heures lorsque la frétillante équipe locale décide d'un after dans une pizzeria dont ils écument rapidement le menu, et non sans raison : je me suis régalé. 2 heures du matin : me voici enfin à l'hôtel, complètement pété (n'ayons pas peur des mots). Bonne nouvelle : mon bagage est bien là sagement à m'attendre. Tout est bien qui finit bien ! Samedi j'avais rendez-vous avec Kiwi (aka Sylvie) et Minimouton (aka Domêthilde) pour une petite escapade dans les rues de Lille. Nous nous connaissons depuis un ptit bout de temps via le net, mais c'est en réalité notre première recontre In Real Life. Le lendemain dimanche, c'est The Mister (alias Julien) qui doit me rejoindre en ville. Vous l'aurez peut être compris : mon passage Lillois est l'occasion de rencontrer pas mal de personnes que je connais par le seul biais un peu froid du net et d'un forum sur lequel j'erre régulièrement ; le travail n'était qu'un fort beau prétexte... Ayant un peu de temps devant moi je décide de faire un petit tour au hasard et me retrouve nez à nez avec un immense marché en plein air comme on en connait ici dans le Sud Ouest, atmosphère tout à fait familière dans laquelle je me sens parfaitement à mon aise, à flâner d’un étal à l’autre, le nez au vent.
Lundi matin, avant de partir, je fais halte à la Catho pour voir certains dessous administratifs et logistiques pour lesquels j'étais sensé être venu. J'éprouvais tout de même un léger sentiment de malaise face à l'enthousiasme de l'équipe locale qui m'a quasiment adopté, alors que j'ai pris la ferme décision de tout plaquer à la fin de l'année universitaire. La déception risque d'être immense... Mais c'est ainsi ! 11 heures, le chauffeur personnel de Mme le Recteur m'attend et me mène tout droit à l'aéroport. Retour sans saveur ni épisode épique : pas de vol annulé, pas d'avion en panne, pas perturbations atmosphériques, pas de bagage perdu... Bref, un vol tout à fait ordinaire pour un mec (presque) quelconque. January 22 Vous avez demandé Tambour Major… Ne quittez pas !Il faut croire que le manque d’activité intellectuelle de ces derniers temps ne porte pas à l’écriture bloguesque ni aux bouffées délirantes dont je sais me délecter régulièrement et dont je couche ici les plus pétillantes, ou pas. Car mon activité de ces dernières semaines fut entièrement dédiée à la délicieuse corvée de la correction des copies d’examen. Un délice… C’est comme les loukoums : un ou deux en passant ça peut aller, mais passé la dizaine ça devient rapidement insuportable. J’ai dû passer en revue environ 200 copies… Oui, vous pouvez verser une larme de compassion pour moi, je ne le dirai à personne. J’ai aussi ces derniers jours fait une bêtise inexcusable dont certains d’entre vous se sont déjà aperçus : je me suis créé un profil sur FaceBook. Non pas en tant que Tambour Major : ce blog est son seul repaire, mais sous ma réelle identité « A.A. ». Face à l’inutilité patente de cette chose je ne puis que m’interroger violemment… Volontairement j’ai limité les informations me concernant au strict minimum, ai bloqué presque tous les accès externes, et refuse systématiquement toutes les invitations de jeux/tests à la con qui me sont proposés : test de l'olive, de la tapenade et de la pizza margherita, jeu de la giraphe, de la tête à tonton, application du rouleau à pâtisserie machin chose... j'en passe et des meilleures ! Je réussis déjà très bien à perdre mon temps tout seul sans avoir besoin de vos services. Au risque de passer pour un vieux con qui ne comprend rien à rien - ce dont je me moque éperdument ! – n’attendez pas la moindre amélioration de quoi que ce soit à cette page réduite à l’état de vitrine. Ce qui me dérange le plus dans ce truc là, c'est qui n'importe qui peut accèder à toutes vos informations personnelles... Moi qui ait assuré un cours sur la Loi de 1978 et la CNIL au premier semestre, qui utilise en outre un pseudo pour ce blog dans lequel je ne parle que très peu de moi ouvertement, croyez bien que si j'avais voulu me montrer je l'aurais fait il y a déjà un bout de temps. Et comme me l'a dit une amie un jour : pour vivre heureux, vivons cachés ! Alors, une ou deux questions restent en suspens : pourquoi j'ai créé cette page...? Et combien de temps cette page survivra-t-elle ...? Je ne sais pas trop... Peut être que je vais l'abandonner et la laisser vivre sa vie comme une statue de bronze au mileu d'un parc, les pigeons en moins. Parce que sur le net, le pigeons on peut faire en sorte qu'ils ne se posent pas.
Obiter Dictum : En même temps que j'écris ce mauvais billet, la chaîne presque à fond, je redécouvre des oeuvres de César Franck que je pensais connaître mais dont je m'aperçois être passé totalement à coté... C'est beau cette mélodie, et ce contre-chant à l'alto en dialogue avec le ténor et la basse... Le velouté d'un hautbois et le moelleux d'une flute harmonique...la profondeur intense d'un fond d'orgue... La superposition des thèmes dans la péroraison. Mais qu'est-ce que c'est pute ce passage sur la voix celeste, et mal écrit cet accord dans le grave... January 17 Slumdog MillionaireNous avions décidé – enfin, il avait été décidé sans moi – d’aller au cinoche hier soir, la fine équipe des quatre, alias Lolo, Seph, Nadia et myself pour aller voir un film dont j’avais compris au départ qu’il s’agissait de “la fin d’un millénaire” - bah oui entre la mauvaise qualité du son de mon portable, le bruit de la foule et l’ivresse d’un repas en terrasse pour profiter du moindre rayon de soleil dont la ville était baignée hier – et Nadia, dubitative, de mettre fin à mes doutes en m’expliquant qu’il s’agissait sûrement du fameux film de l’Indien qui devient millionaire. En effet, c’est bien de ce film là dont il s’agissait, preuve supplémentaire s’il en était encore besoin de mon inculture cinématographique. Nous voici dont à 22Hh15 et des brouettes devant l’entrée du Gaumont a faire la queue. Normal c’est vendredi, il fait assez bon, les cours à la fac reprennent lundi prochain : la faune estudiantine est de retour. Dernier film de Danny Boyle, Slumdog Millionaire commence très très fort. Dans une geôle insalubre, un jeune homme totalement hagard se fait passer à tabac sans ménagement par deux grosses brutes qui tentent de lui faire avouer des faits qu’il n’a sûrement pas commis. Son forfait : avoir gagné 10 millions de Roupies au jeu télévisé “Who wants to be a millionaire” et être sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies, alors qu’il n’est qu’un pauvre va-nu-pieds inculte venant des bidonvilles de Bombay, employé dans une agence de phoning pour servir le thé… Il a triché, c’est sûr. Pourtant, après quelques heures de délicates attentions, le doute semble s’immiscer chez ses tortionnaires : et s’il n’avait pas triché ? Et s’il connaissait vraiment les réponses ? Mais alors, par quel miracle ? C’est là que commence l’histoire fantastique de Jamal Malik quelques dix années auparavant, alors qu’il n’était qu’un gamin haut comme trois pommes faisant les quatre-cent coups, prêt à toutes les péripéties, de son histoire peu ordinaire dans les rues mal famées de Bombay, entre les gangs qui exploitent la misère des uns pour construire leur propre richesse, les mafias, les larcins en tous genres, comment il sera guide touristique du Taj Mahal, son improbable rencontre avec le Stallone Indien qui lui signera un autographe… La première chose qui frappe dans ce film, ce sont les couleurs : chaudes, puissantes, lumineuses, contrastée. L’ambiance visuelle est fabuleuse : chaque centimètre carré de la toile est un enchantement d’ocre, de rouge, de bleu, d’or. Les ambiances de pénombre sont de premier choix… Le travail photographique est réellement remarquable. Cela pourrait déjà justifier d’aller voir ce film. Le second élément marquant c’est le rythme soutenu de bout en bout. Rythme des images tout d’abord, de par les courses poursuites dans les dédales boueux du bidonville dont l’immensité (hélas authentique) est totalement ahurissante. La caméra bouge pas mal mais sans excès (on n’est pas dans le Dogme…), les plans s’enchainent avec fluidité, certaines prises sont audacieusement cadrées donnant à l’image un aspect faussement déglingué au service du discours. Rythme du récit ensuite qui ne laisse jamais le spectateur au repos : on veut toujours savoir ce qu’il s’est passé ensuite, le pourquoi de tel détail, le comment, et, récompense on-ne-peut-plus appréciable : on nous raconte vraiment tout (ou presque) ! On est toujours en haleine devant l’enchaînement des diverses péripéties du narrateur, soit que l’on veuille connaitre la suite, soit que l’on ait besoin de se remettre de ses émotions ou de son fou-rire. Car on rit pas mal tout au long du film. La vie des gamins est en perpétuel balancement entre le drame le plus noir et la fougue impétueuse d’une jeunesse qui ne pense qu’à s’amuser, malgré une réalité sociale bien peu reluisante : la guerre des gangs fait rage, le film ira crescendo sur cet aspect là, et on a vite fait de passer du rire aux larmes ou du moins à une émotion poignante rendu assez cruement. La violence fait partie intégrante du décors : violence des sentiments, violence des actes, violence du souvenir, jamais impudique. Du rire au larmes, des larmes au rire, en passant par toute la palette chromatique des sentiments : haine, dégout, compassion, pitié… Je ne me suis jamais senti ménagé. Même s’il est construit sur le canevas du conte moderne (oui, il faut bien l’avouer, la vie de Jamal coincide extraordinairement avec les questions qui lui seront posées sur le plateau télévision) le film échappe au danger du manichéisme primaire : personne n’est ni vraiment gentil ni vraiment méchant et le retournements de situation (en tout ou partie) sont fréquents. De complicité en trahison, les personnages évoluent dans un milieu où l’argent, le sexe et les armes font loi, tour de force du réalisateur qui réussit presque à nous faire oublier que ce n’est pas là le coeur du sujet. L’amour n’est pas absent non plus, il est d’ailleurs la colonne vertébrale d’une bonne partie du film, qui éclora en apothéose à la toute fin. Je n’en dis pas plus au risque de déflorer le suspens.
Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce film. Slumdog Millionaire est sans discussion possible un film incontournable de ce début d’année. En guise de conclusion - et en écho à certains événements funestes de ces derniers jours qui ont frappé la famille d’un ami - on sort de ce film avec une furieuse envie de vivre, de profiter de chaque instant qui nous est offert, parce qu’il est des choses de grande valeur qui n’ont pas de prix, qu’il est des occasions qui ne se présentent qu’une fois et qu’il faut savoir saisir à temps.
January 15 Le site le plus désagréable du net…La vie est déjà une mortification quotidienne et pourtant un petit coté sado-maso enfoui au plus profond de nos gènes nous confère l’aptitude tout à fait singulière de nous la pourrir bien davantage. Internet nous en offre d’ailleurs des exemples inespérés. On savait depuis un bon bout de temps qu’on pouvait trouver des choses insupportables sur Internet, mais des fois, ça fait encore tout drôle. La dernière découverte du genre est le site R-G-B. Pour vous éclairer un tout petit peu : R-G-B pour RVB (Rouge Vert Bleu) en français. Relaxez-vous, montez un peu le son (pas trop fort non plus, ça peut agresser les tympans aussi) et place à l’expérience !
NB : A déconseiller aux épileptiques... January 09 Onan le Barbare - Chapitre II La récente découverte d'une page du plus haut
intérêt me donne l'occasion d'ouvrir un second chapitre au billet de septembre
dernier que j'avais alors intitulé Onan Le Barbare. Il est encore une fois sujet de pratiques abominables que les gens de bonne société ne pratiquent qu'avec honte et culpabilité. Mais je suis sûr que vous tous qui me lisez êtes de louables citoyens dont la droiture d'esprit interdit l'idée même de telles déviances... C'est donc dans un esprit purement scientifique, car le propos l'est indiscutablement, que je vous partage ce document de premier ordre ![]() January 07 Savoir vivreLe délire du jour n'est pas le fruit de mon imagination, j'aurais été fier de pondre une prose pareille.Je vous laisse donc découvrir un déjà connu mais toujours délectable extrait d’un manuel scolaire d'Economie Domestique anglo-saxon, publié en 1960 et destiné aux jeunes filles de bonne famille. Libre à vous d'appliquer à la maison ces quelques préceptes très simples de savoir vivre élémentaire...
FAITES EN SORTE QUE LE SOUPER SOIT PRÊT Préparez les choses à l’avance, le soir précédent s’il le faut, afin qu’un délicieux repas l’attende à son retour du travail. C’est une façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et vous souciez de ses besoins. La plupart des hommes ont faim lors qu’ils rentrent à la maison et la perspective d’un bon repas (particulièrement leur plat favori) fait partie de la nécessaire chaleur d’un accueil. SOYEZ PRÊTE Prenez quinze minutes pour vous reposer afin d’être détendue lorsqu’il rentre. Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Soyez enjouée et un peu plus intéressante que ces derniers. Sa dure journée a besoin d’être égayée et c’est un de vos devoirs de faire en sorte quelle le soit. RANGEZ LE DÉSORDRE Faites un dernier tour des principales pièces de la maison juste avant que votre mari ne rentre. Rassemblez les livres scolaires, les jouets, les papiers, etc. et passez ensuite un coup de chiffon à poussière sur les tables. PENDANT LES MOIS LES PLUS FROIDS DE L’ANNÉE Il vous faudra préparer et allumer un feu dans la cheminée, auprès duquel il puisse se détendre. Votre mari aura le sentiment d’avoir atteint un havre de repos et d’ordre et cela vous rendra également heureuse. En définitive veiller à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle. RÉDUISEZ TOUS LES BRUITS AU MINIMUM Au moment de son arrivée, éliminez tout bruit de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Essayez d’encourager les enfants à être calmes. Soyez heureuse de le voir. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre désir de lui plaire. ÉCOUTEZ-LE Il se peut que vous ayez une douzaine de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n’est pas le moment opportun. Laissez-le parler d’abord, souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres. Faites en sorte que la soirée lui appartienne. NE VOUS PLAIGNEZ JAMAIS S’IL RENTRE TARD À LA MAISON Ou sort pour dîner ou pour aller dans d’autres lieux de divertissement sans vous. Au contraire, essayez de faire en sorte que votre foyer soit un havre de paix, d’ordre et de tranquillité où votre mari puisse détendre son corps et son esprit. NE L’ACCUEILLEZ PAS AVEC VOS PLAINTES ET VOS PROBLÈMES Ne vous plaignez pas s’il est en retard à la maison pour le souper ou même s’il reste dehors toute la nuit. Considérez cela comme mineur, comparé à ce qu’il a pu endurer pendant la journée. Installez-le confortablement. Proposez-lui de se détendre dans une chaise confortable ou daller s’étendre dans la chambre à coucher. Préparez-lui une boisson fraîche ou chaude. Arrangez l’oreiller et proposez-lui d’enlever ses chaussures. Parlez dune voix douce, apaisante et plaisante. Ne lui posez pas de questions sur ce qu’il a fait et ne remettez jamais en cause son jugement ou son intégrité. Souvenez-vous qu’il est le maître du foyer et qu’en tant que tel, il exercera toujours sa volonté avec justice et honnêteté. LORSQU’IL A FINI DE SOUPER, DÉBARRASSEZ LA TABLE ET FAITES RAPIDEMENT LA VAISSELLE Si votre mari se propose de vous aider, déclinez son offre car il risquerait de se sentir obligé de la répéter par la suite et après une longue journée de labeur, il na nul besoin de travail supplémentaire. Encouragez votre mari à se livrer à ses passe-temps favoris et à se consacrer à ses centres d’intérêt et montrez-vous intéressée sans toutefois donner l’impression d’empiéter sur son domaine. Si vous avez des petits passe-temps vous-même, faites en sorte de ne pas l’ennuyer en lui parlant, car les centres d’intérêts des femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes. À LA FIN DE LA SOIRÉE Rangez la maison afin qu’elle soit prête pour le lendemain matin et pensez à préparer son petit-déjeuner à l’avance. Le petit-déjeuner de votre mari est essentiel sil doit faire face au monde extérieur de manière positive. Une fois que vous vous êtes tous les deux retirés dans la chambre à coucher, préparez-vous à vous mettre au lit aussi promptement que possible. BIEN QUE L’HYGIÈNE FÉMININE Soit d’une grande importance, votre mari fatigué ne saurait faire la queue devant la salle de bain, comme il aurait à la faire pour prendre son train. Cependant, assurez-vous d’être à votre meilleur avantage en allant vous coucher. Essayez d’avoir une apparence qui soit avenante sans être aguicheuse. Si vous devez vous appliquer de la crème pour le visage ou mettre des bigoudis, attendez son sommeil, car cela pourrait le choquer de s’endormir sur un tel spectacle. EN CE QUI CONCERNE LES RELATIONS INTIMES AVEC VOTRE MARI Il est important de vous rappeler vos vœux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S’il estime qu’il a besoin de dormir immédiatement, qu’il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par les désirs de votre mari et ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime. SI VOTRE MARI SUGGÈRE L’ACCOUPLEMENT Acceptez alors avec humilité tout en gardant à l’esprit que le plaisir d’un homme est plus important que celui d’une femme, lorsqu’il atteint l’orgasme, un petit gémissement de votre part l’encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu avoir. SI VOTRE MARI SUGGÈRE DES PRATIQUES MOINS COURANTES Montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez votre éventuel manque d’enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s’endormira alors rapidement ; ajustez vos vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soin pour les cheveux. VOUS POUVEZ ALORS REMONTER LE RÉVEIL Afin d’être debout peu de temps avant lui le
matin. Cela vous permettra de tenir sa tasse de thé du matin à sa disposition
lorsqu’il se réveillera. January 04 Résolutions…L’année nouvelle est souvent l’occasion de prendre de bonnes et saines résolutions histoire de se donner bonne conscience et d’essayer de se convaincre que l’on ne retombera pas dans les mêmes écueils de l’an passé, voire de l’année d’avant et de toutes celles les ayant précédées ( car oui, l’homme est faible… argh ! ) et tenter de faire en sorte que les 365 jours à venir seront fondamentalement différents de ceux écoulés. Si vous êtes attentifs, vous aurez remarqué dans un billet précédent ma brillante démonstration vous prouvant qu’il n’en était évidemment rien, que tout change mais dans la plus stricte continuité… Comme tout bon crétin qui se respecte, j’ai moi aussi pris quelques résolutions. Hop ! Attention, 2009 sera placé sous les auspices de la rupture… J’ai renoncé à faire anoblir un caniche, empailler une pieuvre, dompter une poule ou encore ranger ma chambre… A l’impossible nul n’est tenu. Je me suis penché sur des choses qui me correspondent davantage, z’allez voir ça : 0/ En prélude à ma litanie, j’ai décidé cette année de vraiment prendre soin de moi… et d’envoyer bouler pas mal de choses parasitaires qui encombrent inutilement l’existence. Cette semaine je suis allé voir le film Autralia et une réplique dit grosso modo qu’il ne faut pas un jour se rendre compte qu’on est devenu médiocre… La médiocrité : la moyenne à son plus bas niveau, selon Albert Brie. Et en ce moment j’ai l’impression que rester sur le cap qui est établi me conduit irrépressiblement vers quelque chose de totalement insatisfaisant, une vie maigre et sans relief ni envergure, faite de petitesses et de frustrations. Ma soif d’épanouissement est bien trop intense pour me contenter des miettes d’ersatz dont on m’abreuve. De ceci découle ce qui suit. 1/ Après mûre réflexion, j’ai décidé de ne pas continuer mon expérience au sein de la Vénérable Institution Toulousaine qui 2/ Prendre soi de moi donc, à commencer par ce que je peux faire moi même… perdre du poids ! Parce que crénom de nom, en me voyant sur certaines photos récentes je commence à me faire peur. Et mon jean me l’a rappelé encore l’autre jour… ”Aoutch, mais il est où mon jean en taille quarante [tûûûûûût] ? Ha bé non, c’est bien celui là… “ Donc, haro sur la malbouffe, on surveille sa gamelle et on intensifie un peu la muscu ! Objectif : être sec et strié en juin ! Nan je déconne… Heureusement que ma carrure d’armoire à glace me permet d’encaisser sans trop de disgrâce quelques rondeurs superflues. Allez, dans quelques semaines il n’y paraîtra plus ! 3/ Enfin, last but not least, sachez que mon coeur est à prendre, et que toutes les propositions seront étudiées ^^ Ma troisième et dernière grande résolution pour 2009 est donc de ne pas rester célibataire, parce que zut, peste soit de la solitude ! Hé oui, derrière ce grand gaillard aux allures de pilier de rugby, il y a un ptit coeur tendre qui bat qui ne demande qu’à recevoir des câlins et qui et tout disposé en en prodiguer en retour autant que de besoin. Prince charmant si tu m’entends, magne toi, c’est par ici que ça se passe !! Je sais qu’en la matière on ne décide finalement pas de grand chose, mais il faut peut être savoir provoquer les occasions… Voili voilou pour mes grandes orientations de l’année. Rien de très original en fait… re-argh… je suis déjà médiocre ! January 01 Edition de la mi journée...N'étant pas à une contradiction prés, et pour estomper un minimum le ton étrangement grisâtre de la première mouture, quoique ne reniant pas une virgule de ce que j'ai écrit ce matin...
Soyons fous : soyons heureux ! J’ai l’honneur de ne pas…
En ce premier jour de l’an, il est de tradition de souhaiter ses voeux de bonheur / santé / réussite / amour / argent / gloire / beauté / trépanation / parallélogramme / autralopithèque / kangourou / etc ad lib… (rayez les mentions inutiles). Hé bien, voyez vous, j’ai décidé cette année de ne pas faire comme tout le monde : J’ai l’honneur de ne pas vous adresser mes voeux pour 2009. Car, non, le 31 décembre à 23h59, nos experts sont formels là dessus, aucun vortex spacio-temporel n’engloutit l’année passée dans les limbes d’une dimension parallèle pour faire surgir ex nihilo une nouvelle ligne du temps totalement vierge que l’on mettrait un point d’honneur à saloper comme des gorets tout au long des 365 jours à venir. Il ne s’agit pas d’un bouton “Erase All Data” ou “Boot System” qui remettrait tout à plat… ce serait trop facile ! Ainsi vos problèmes quotidiens ne s’effaceront pas d’un trait de plume par les seules vertus de l’agencement du calendrier. Vos tracas et soucis d’hier resteront ceux de demain. Si vous cherchez le prince charmant, il ne vous attendra pas avec un bouquet de fleurs devant votre porte demain matin au réveil, ni après demain, ni la semaine suivante ni… jamais ! Les amours perdues vous feront tout autant souffrir que l’heure d’avant, vos blessures demeureront inchangée… Votre banquier restera aussi con, votre assureur sera toujours un escroc, le chien du voisin viendra encore pisser sur vos plates-bandes, les voisins du dessus demeureront les beaufs insupportables qu’ils ont été tantôt. Quite à me répéter, le passage à l’année N+1 n’est pas de l’ordre de la magie, mais tout simplement une mesure de convenance pour calculer le temps qui passe… Rien ne change : tout continue, comme si de rien n’était. Surtout, si vous avez pris de bonnes résolutions, elles ne se réaliseront pas toutes seules ! Hééééééé non !! Il faudra y payer de votre personne en vous donnant du mal pour réussir, voire – pire ! – que vous mettiez d’autres que vous à contribution… Et l’on sait depuis Sartre que l’enfer c’est l’autre, parce que l’autre n’en a rien à cirer de nous, ou si peu… Cependant, pour ne pas donner une couleur trop sombre à ce premier billet de l’année, je voudrais juste vous demander, non : je veux et j’exige (essayez un peu de prononcer ça 10 fois de suite sans fourcher ^^) que vous fassiez en sorte que cette année 2009 qui s’offre à vous soit la meilleure possible ; que vous mobilisiez toutes vos forces et votre tenacité pour réussir une belle et heureuse année, en commençant par prendre soin de vous. Car on l’oublie trop souvent : la personne la plus importante dans sa vie, c’est d’abord soi même… December 30 Rrron Zzzzzzzzzz…Désolé si je suis pas très loquace ces derniers jours, mais pendant les vacances : JE GLANDE ! L'ours est dans sa tanière, ne le réveillez pas... December 26 Katsuhiro Otomo - AnthologyMa première rencontre avec Katsuhiro Otomo remonte à une bonne paire d'années maintenant. Elle fut brutale mais définitive. Je me rappelle très bien de ce moment : j'étais alors au lycée (mamamia !), 16 ou 17 ans, et la chaine de télévision "La 5" avait cédé la place à la toute nouvelle "Arte" qui proposait une programmation assez inédite et un peu plus haut de gamme que les autres chaines. En particulier j'avais été séduit par la bande annonce d'un dessin animé d'un genre pour moi totalement nouveau, venu tout droit du pays du saké et du Wasabi, loin des traditionnels Goldorak et autres Chevaliers du Zodiaque. Il s'agissait grosso-modo d'une histoire pour adultes, celle d'une guérilla menée dans Neo-Tokyo par des bandes de jeunes motards désœuvrés et drogués. Une nuit, l'un d'eux, Tetsuo, a un accident de moto en essayant d'éviter un étrange garçon qui se trouve sur son chemin. Blessé, Tetsuo est capturé par l'armée japonaise et devient l'objet de nombreux tests dans le cadre d'un projet militaire ultra secret visant à repérer et former des êtres possédant des prédispositions à des pouvoirs psychiques. Vous aurez peut être reconnu le synopsis de Akira. Quelques années plus tard, je dévorais à nouveau les aventures de Testuo et de Kaneda sur support papier cette fois ci, toujours avec la même ardeur. Je reste un fan inconditionnel de cette série cultissime qui surpasse de très loin toutes les productions ultérieures, c'est du moins mon avis.
Katsuhiro Otomo - Anthology, est un recueil de nouvelles inédites en Europe, parues entre la fin des années 70 et le tout début des années 80 dans diverses revues japonaises. 14 histoires, plus ou moins développées mais dans lesquelles chaque trait est signé du sceau de la précision et de la netteté, dans le style incomparable de Otomo, qui fait que chaque case, aussi chargée soit-elle, demeure toujours parfaitement lisible, sans recourir à la surcharge superfétatoire de la couleur. J'apprécie particulièrement le découpage très soigneusement pensé des séquences d'action, rythmées à souhait en structures verticales, dans un entrelacement de champ / contre-champ haletant donnant à ces séquences un dynamisme cinématographique percutant. L’ouvrage est de très bonne facture, imprimé sur un joli papier épais, dans le sens de lecture original, ce qui est d’assez bon ton pour devoir le souligner. La couverture vaut à elle seul le coup d'oeil. Sous des dehors un peu cul-cul la praline d'une frèle jeune fille entourée d'un décors bucolique, se cache en fait bien autre chose ; il suffit pour cela dans un premier temps d'inspecter le revers du livre, puis de déplier les rabats intérieurs pour que se déploie un superbe panoramique aux accents doux-amers de fin du monde : au loin une usine est en flammes, tandis que gis, jonché parmi les herbes, la carcasse démandibulée d’une machine de guerre. L’ambiance est donnée.
Guérilla d’un tout autre genre avec Hair, où le monde est en proie à la rébellion de chevelus fans de musiques complètement rétrogrades comme les Stones ou Led Zepplin… Des pages pleines d’humour loufoque assez déjanté du meilleur aloi. J'ai également beaucoup aimé Memories qui m'a fait penser à certains égards à l’ambiance étrangement inquiétante et dérangeante que l'on peut retrouver dans Ulysse 31 : un vaisseau spacial confronté à une énigmatique épave en forme de rose géante agencée en un gigantesque palace bien intrigant, un peu à la façon de la scène finale de 2001 A SPace Odyssey. Je suis d'ailleurs bien curieux de savoir s'il s'agit d'une référence directe au chef-d'oeuvre de Kubric... Le contraire serait stupéfiant. Sound of Sand s'avère également particulièrement efficace. Si l'auteur confie avoir bâclé le travail en raison de son retard à livrer les planches à l'éditeur, il faut avouer que l'économie de moyens ne nuit en rien à l'efficacité scénaristique dés lors que l'idée est bonne et que le dépouillement de décors sert au mieux la sensation anxiogène d'étouffement dont est victime le principal protagoniste. C'est peut être l'une de mes préférées, s'il me fallait faire un choix. Les dernières planches prennent un détour un peu particulier puisqu'il s'agit de parodies d'histoires populaires en europe : Aladin et la lampe magique, les chevaliers de la table ronde, l'arche de Noé, et le vieil homme et la mer, revisités sauce piquante... J’ai un peu moins aimé ces ultimes short-stories, peut être parce qu’elles racontent autre chose que le souffle si particulier du Pays du Soleil Levant. Avis aux amateurs, une fois arrivé au terme de la dernière page, je n’ai eu qu’une seule envie : tout recommencer du début…
December 25 Petit Papa Nawouel...La dernière couverture de Fluide Glacial m'a bien fait rire... Le Père Nawouel fait toujours des malheureux...! Et vous ? Z'avez été gâtés ?
Joyeux Nawouel à tous !
December 23 The end
Hé bé voilà, mon séjour à Paris s'achève déjà alors que je commençais seulement à prendre mes marques dans cette ville bien grande pour un provincial. Je n'ai pas vu le temps passer ! J'ai l'impression d'être arrivé hier seulement et j'ai à peine fait la moitié de tout ce que j'avais prévu... C'est qu'il y a tant à faire en si peu de temps... et qu'il faut compter sur un paramètre assez particulier pour un Toulousain : la distance !! A Toulouse, aller du point A au point B est un jeu d'enfant... on y va, à pied, à vélo, à métro... c'est l'histoire de quelques minutes. A Paris, je ne vous apprendrai rien en vous disant qu'aller du point A au point B suppose de passer par les point A1, A2, A3, A4.... A19... A672... avant d'arriver au point...C, qui se situe à seulement 15 minutes de marche du point B1, lui même à une station de bus de votre destination finale. Bref, il est très facile de passer une demi heure enfermé dans un métro, à quoi il faut ajouter 15 minutes de marche. Un simple rendez-vous pour boire un café avec des amis peut rapidement prendre les proportions d'une expédition ! Et comme la raison première de mon séjour était de voir des amis ou de faire leur rencontre in situ (alors que nous nous connaissons virtuellement depuis de longs mois) j'ai été contraint - sans aucun regret - de revoir mes prétentions à la baisse. La vie est une question de priorité parait-il. J'ai donc passé de formidables instants en compagnie de gens que j'apprécie vraiment énormément, je le savais déjà pour certains d'entre eux, j'en ai acquis la certitude pour d'autres. Bavarder de tout, de rien, rigoler (beaucoup), passer du temps et oublier tout le reste, le plaisir simple d'être tous ensemble comme s'il en avait toujours été ainsi et savoir que tout continue même à distance, déambuler dans les rues de Paris où une marée humaine dégouline sous les lumières de la ville, cette ambiance si particulière qui imprègne les jours précédant nawouel et n'avoir rien d'autre à faire que de penser à soi, errer au gré des vitrines affriolantes en surveillant discrètement son portefeuille tant il est facile ici de claque un pognon fou dans tout un tas de boutiques... Et j’avoue, j’ai craqué ^^ (mon dieu, j’appréhende mon prochain relevé de compte…
Il est 14h42 et mon train décolle de la gare Montparnasse dans un peu moins de trois heures. Je ne sais pas comment je vais mettre à profit le peu de temps qu’il me reste… peut être un petit crochet par ND avant de partir ? Je verrai bien.
Et demain c’est… NAWOUEL !! Votre sapin est-il fin prêt ?
Un grand merci à Djay pour l'hebergement. Ton appart' est tout simplement idéalement situé... C'est formidable !
De très chaleureuses pensées pour Georges (je te déteeeeeeeeeeeeste !! ^^ Putain, qu'est-ce qu'on aura rigolé...), Philippe (hé bé oui, quoi, tu parles "avé l'assan" ! Content de t'avoir enfin rencontré), Romain ( J'te charie, mais tu sais ce que je pense de toi... c'est à dire... rien ^^), Lili & Christelle (merci pour ce merveilleux dimanche après-midi/soir, votre accueil, votre gentillesse... J'ai été un peu déçu de ne pas trouver le fameux canapé en cuir... mais c'est très bien ainsi), Joris & Cyril (au plaisir de vous revoir vous deux) et Thibault (bonnes vacances à toi !).
December 18 Comment chier dans les boisCela fait un an que Méchant Chimiste m'avait offert ce bouquin au titre somptueusement prometteur : "Comment chier dans les bois", mais que par paresse et occupations diverses j'avais abandonné à lui même sur un coin de ma table de nuit, entre deux tomes du Guide du Voyageur Intergalactique, le prix Goncourt d'il y a deux ans, acheté mais toujours pas commencé - il n'en sera que meilleur – quelques japonaiseries. Je ne vais pas faire un résumé du livre, je me contenterai de quelques commentaires qui je l'espère vous donneront envie de lire ce bouquin car, oui, j'ai aimé ! Quant au fond, hé bien je dirai que c'est un savant mélange des deux hypothèses émises un peu plus haut. Le discours est clairement écolo : non, faut pas chier partout dans la nature parce que ça fait des milliers de mètres cubes de merde déversés chaque année et qui mettent un temps fou à se désagréger, sans compter les risques environnementaux que cela peut représenter... Hé oui on n'y pense jamais mais qui peut aujourd'hui bouffer des fruits tropicaux en Martinique pour ensuite aller en chier les graines en Corse et favoriser la propagation d'espèces non endémiques qui pourraient constituer une menace pour l'écosystème ...? Qui à part l'homo sapien sapiens...? (non Martin, les écureils ne le peuvent pas ^^). Pire encore que des graines : s'il s'agissait d'immondes parasites ? Hein ?? Hahaaa, on fait moins les malins hein ? Sans vouloir paraphraser Louis-Ferdinand Céline, la merde a bel et bien de l’avenir ! A défaut d’en faire des discours, on en fait des bouquins. Un très bon bouquin en l’occurence !
December 16 Marre !!Ce soir j'en ai juste marre de tout !! marre, ras-le-bol, ras-la-cuve, plein les bottes, ras-le-cul, plein le dos, plein la casquette…
Voilà, ça devait être dit. C'est chose faite.
Découvrez Nirvana! Décousu
Etrange journée que celle qui s’achève. Menée tambour battant (quoi de plus normal me direz-vous) elle m’a donné l’occasion de discuter avec quelqu’un que je ne sais pas trop comment appeler (un ami ? une connaissance ? un copain ? un simple collègue de galère doctoriale ? Je dirai simplement quelqu’un qui ne me veut pas de mal et qui a les pieds sur terre) de notre sors commun en tant que presque futurs Docteurs. Car mine de rien, j’ai toujours une thèse de doctorat à terminer et même si je n’en souffle pas mot, ce fardeau commence à m’épuiser face à mon impuissance actuelle de mener ce projet à bien. Je me pose beaucoup de questions ces temps-ci. Pléonasme dirons certains… et ils n’ont pas tort : le Tambour Major est génétiquement programmé pour se poser autant de questions à la seconde que le Parlement vote de Lois en une année (je limiterai mon propos à la France, ce sera déjà un bon début). Des questions sur un peu tout et notamment sur mon avenir (mon Destin ?) professionnel. D’un coté j’admire ceux qui ont le courage de leurs ambitions et qui sont capables de tout plaquer du jour au lendemain, parceque cet abandon apparent et momentané se veul le prélude à une gigantesque symphonie, celle d’une vie toute entière, et que dire merde un beau jour à leur petit train train ne leur fait pas peur. Mais d’un autre coté je suis frileux au changement. C’est peut être congénital à tous les Français ça : “Hé bé oui… c’est comme ça… on n’y peut rien…” et patati et patata… alors qu’en réalité, si, on y peut quelque chose, il suffit juste de prendre son courrage à deux mains pour rompre ce fatalisme enkylosant et stérile qui nous condamne à regarder, amer, ceux qui ont eu le courage de leurs ambitions et vivent leur vie sans se soucier des idées reçues et des chemins tout tracés, alors que le meilleur chemin que l’on puisse suivre, c’est le notre ! J’ai déjà dans ma vie pris des décisions qui n’étaient pas toujours faciles et qui n’engagent pas sans blessures. Ceux qui me lisent régulièrement savent de quoi je parle. Je n’aime pas trop les cases toutes faites ; mon coté parfois fantasque totalement assumé en est la preuve. En outre, je sens monter en moi depuis quelques temps déjà un besoin de m’épanouir hors des sentiers battus, comme une sensation d’étouffement, de sclérose. Cette conversation que j’ai eue en début de soirée a fait écho en moi… Pour une fois j’ai entendu quelqu’un abonder dans un sens que je sais être irrémédiable si je veux mener certaines choses à bien, mais qui suppose des choix drastiques qui ne plairont pas à tout le monde, je le sais d’avance. Je risque de passer un pour traitre, de briser la confiance que certaines personnes ont pu mettre en moi, mais au fond nul n’est irremplaçable et mon traitement actuel n’est pas le plus enviable du monde, il s’en faut de beaucoup. Tel une chrysalide, le Tambour Major n’aspire qu’à une seule chose : prendre son envol. Et il est en train de décider de s’en donner les moyens. Finir ma thèse est une priorité absolue. J’ai trop trimé pour tout lâcher maintenant. J’attends trop de choses de ce diplôme (le plus haut diplôme universitaire) pour m’arrêter si près du but. Il s’agit donc tout simplement de me donner les moyens – matériels – d’y parvenir avant 2 courtes années, délai au delà duquel l’Université ne soutiendra plus mes travaux. Bien peu savent ce que signifie réellement rédiger une thèse de doctorat. Il faut y être passé personnellement, avoir enduré ces heures où il ne se passe rien parceque les mots ne viennent pas, que les idées ne sont pas claires ; ces instants de désespoir profond durant lesquels le desespoir nous submerge parceque tout ce que l’on a déjà écrit nous semble si merdique ; ces heures perdues à affiner un plan imprécis ou imparfait, ces journées, ces semaines de solitudes où personne n’est d’aucune aide parceque au fond on est seul avec soi même, face à son sujet… Et ce ne sont pas quelques maigres heures par-ci par-là qui suffisent… il en faut plus, non, beaucoup plus… Il ne s’agit pas que de taper à la machine… ce serait trop simple. Vous excuserez le caractère un peu décousu de ce billet, son obscurité aussi certainement. Parfois j’envie ces blogs hyper construits où chaque billet est un petit bijou qui cadre avec tout le reste, parce que tout raisonne autour d’une belle thématique. Rien de tout cela ici : c’est un peu un vaste bordel que j’essaie d’organiser, et au milieu duquel j’effectue une auto-psychothérapie…
“Declare independence
Découvrez Björk! December 14 AmertumeAmertume. Je ne vois pas comment définir autrement cette semaine écoulée, déjà derrière moi, qui ne m'a apporté aucune joie particulière, aucun plaisir dont je puis conserver le souvenir, aucune raison particulière de réjouissance, alors pourtant que des choses agréables se profilent pour tout bientôt. Une affreuse envie de pas envie, une lassitude de tout, y compris d'écrire sur ce blog, des instants dont j'aurais pu - dont j'aurais dû - profiter sont passés de façon tout à fait insignifiante, à de très rares exceptions près, largement insuffisantes à rattraper le ton grisâtre donné à ces dernier jours. Je crois que cela a commencé dimanche dernier, après une trop courte nuit non réparatrice. Nous avions de la visite ce jour là chez mes parents, de la famille venue d'Espagne que je n'avais pas revue depuis l'été dernier. Aussi étrange que cela puisse paraître, je n'avais pas envie de les voir et passer la journée en leur présence n’a suscité aucune émotion particulière alors qu’habituellement leur venue est annonciatrice de festivités enjouées et de fougueux moments de partage. Mais pas cette fois. Egalement en fin de cette même journée, la visite chez mon cousin qui vennait d'être papa depuis quelques jours. Nous y sommes tous allés, moi plus par politesse qu'autre chose ; je n'avais qu'une envie : prendre mes jambes à mon coup et partir le plus vite possible, marcher seul dans la ville à la fraîcheur du soir, regarder se lever les étoiles, le nez dans mon écharpe, et me laisser engloutir par l'obscurité. Des instants sans reliefs ni saveur, des compagnies transparentes ou auxquelles je ne sais plus donner l'importance nécessaire, une étrange impression d'être en total décalage avec les autres, de ne pas avoir du tout les mêmes précoccupations ni les mêmes désirs, impression que tout se délite autour de moi sans plus faire sens, comme si je perdais en quelque sorte mes points de repère. Mais n'est-ce qu'une impression ? Décalage total aussi avec ces étudiants qui m'ont accompagné sur un forum pour lycéens à Bordeaux vendredi soir et tout samedi. Non, nous ne sommes pas de la même génération ni du même milieu social. Propres sur eux, dans leurs beaux vêtements de marque, venant des beaux quartiers de la ville rose, cette jeunesse dorée semble croire que tout lui est dû, que tout est monnayable, que le monde leur appartient, insouciante et arrogante... J'étais mitigé entre une tendresse béate pour ces futurs adultes qui ne savent pas encore ce que l'avenir leur réserve en embûches et désillusions, et une forme de dégoût pour cette jeunesse dorée que rien ne semble pouvoir atteindre car papa et maman sont là pour veiller sur eux et que l'argent ne manque pas à la maison. En outre la distance naturelle et entretenue entre le professeur et l'étudiant interdit toute connivence qui serait immédiatement taxée de coupable. Mais la connivence était là bel et bien impossible... Il s’agit bien plus que d’un fossé générationnel. Sentiment de malaise cet après midi enfin. J'avais envie d'aller faire un tour dans les magasins pour garnir ma penderie un brin indigente en ce moment. Je me rendis par conséquent dans un centre commercial non loin de chez moi et arpentais les boutiques adjacentes en quête du coup de coeur. Avec moi faire les boutiques peut aller très vite : j'aime ou j'aime pas, il n'y a presque pas de demi-mesure, et je n'essaye que ce qui me plait vraiment sur le moment, autrement dit quasiment rien. Je fonctionne beaucoup à l'instinct et ne me trompe que rarement, que ce soit avec une paire de godasses ou une personne avec qui je discute. Entré dans ce temple la consommation, tout n'était que lumières, scintillements et ors, dans un brouaha de roulements de pas et de caddys qui s'entrechoquent tandis que les hautparleurs diffusaient des airs d'anciens noëls dont bien peu connaissent encore le nom (tout se perd...). Autour de moi des gens allaient et venaient, des sacs remplis à la main, des enfants se faisaient prendre en photo avec le père noël, des couples qui se tiennent par la main, des beaux, des moches, des gros, des maigres, des à la mode, des pas fashion du tout... Bien vite, mon enthousiasme initial fut submergé par une forme de nausée migraineuse, une forme de dégoût pour je ne sais pas exactement quoi, m'a fait rapidement abréger la visite. Alors qu'en ces jours qui annoncent noël tout porte à se réjouir, les esprits sont à la fête et aux réjouissances, rien ne me fait vibrer, rien ne me titille les sens, rien ne me porte à me réjouir... rien. Au contraire, je suis las de tout. Out among the walking wounded every face on every bus EBGT – Walking Wounded – 1996 Découvrez Everything but the Girl!
December 06 GugusseSamedi de merde... Même pas le droit de pioncer en paix le samedi, vous y croyez vous ? Obligé de se lever à 7h30 du matin après une longue et rude semaine de travail...pffffff
Et tout ça pour quoi ?? Hein...? Hé bien je vous le donne dans le mile Emile : pour aller faire le gugusse dans une jipého, comprenez "Journée Portes Ouvertes" de la Vénérable Institution Toulousaine où j'officie depuis un an, pour montrer à ces chers lycéens combien il est doux d'étudier chez nous. Viendez viendez !!
Or, c'est le week end, il fait froid, y'a le téléthon, le marché de nawouel ouvre ses portes, y'a plein de films au cinoche... et je suis sûr qu'on aura pas un péquin pour nous tenir le crachoir.
Journée portes ouvertes... Moi quand les portes sont ouvertes, je suis tout juste bon à m'enrhumer. Et c'est pas le moment de tomber malade à quelques jours des vacances !! Et surtout, j'aurais autre chose à foutre que de faire le mariole... comme, heu... ben... l'exaltation suprême de corriger des copies en retard ou nettoyer ma cuisine...? Hum...
C'est pas si mal finalement cette idée de journée portes ouvertes !
* * *
EPILOGUE
(19h57)
Ayé, c'est fini, j'en peux plus... on a fait carton plein : du monde, du monde, du monde... à n'en plus finir... un cauchemard !! J'ai TOUT vu : des étudiants motivés, d'autres beaucoup moins au regard torve à travers lequel on distinguait sans grande difficulté un vide intersidéral pour le moins édifiant, des lycéens au projet professionnel très abouti, d'autres plus incertains, des parents inquiets de l'avenir de leur progéniture pleins de questions techniques. Bref, la totale !
Je dois quant même vous raconter un grand moment de rigolade intérieure. C'était ce soir vers 17h30 ; je croyais en avoir fini avec la plèbe lorsque un ptit jeune, genre métrosexuel fashionista un brin trop maniéré pour être hétéro, nous expose avec le plus grand sérieux du monde qu'il veut faire du droit pour être profiler (prononcer "profaïleur"). Vous avez tous entendu parler de ces êtres supérieurs qui en regardant une photo de scène d'un crime sont capables de vous dresser le profil psychologique du criminel.
Profiler !! Je fus hélas obligé de lui expliquer que ce métier n'existe pas... C'est un peu comme si quelqu'un cherchait une formation pour devenir la fée clochette... Autant vous dire que j'étais intérieurement mort de rire. T'as de l'avenir devant toi bonhomme ! Hé oui, je suis un briseur de rêves...
En mission depuis 10h du matin avec une courte pause de 30 minutes à midi pour déjeuner, je ne vous cache pas que ce soir je suis exténué et surout aphone !! Je peux plus parler, c'est affreux...
Faut absolument que je suce un truc moi...
c'est de pastilles pour le mal de gorge dont je parle... pas de sous entendu graveleux ici ^^ December 03 L'Evangile du Monstre en Spaghettis VolantLe titre n'est pas de moi, mais il aurait tout à fait sortir tout droit de mon imagination débordante. Car vous n'êtes pas sans savoir, vous qui me lisez, ou toi lecteur d'un instant qui tombe sur ce blog parce que tu as entré « souberette en mal de sexe » dans ton moteur de recherche et que pour une raison que j'ignore tu t'es retrouvé ici (et rien que pour donner du grain à moudre à ces moteurs je vais lâcher quelques « bite, couille, nichons, chatte, baise » et un « grosse salope qui suce » et peut être même une « grosse chaudasse » ça vous fera les pieds et m'attirera des lecteurs !), vous savez, disais-je, qu'en ce domaine (celui de l'humour) mes neuronnes fusent à une vitesse qui ridiculise la lumière. Etant capable d'inventer une histoire à la con mettant en scène Gaston la Quiche Lorraine Mal Cuite et Pouppy le Poulpe Ménopausé, particulièrement friand de toutes les absurdités bien senties et décalées à souhait, vous comprendrez aisément mon émois lorsque je découvrais il y a un an environ le site de la Sainte Eglise du Monstre en Spaghettis Volant.
"Touché par son appendice nouillesque"
Ce site merveilleux sur lequel j'avais dû pourrir une après midi de travail (que celui qui n'a jamais fauté me jette la première pierre) se voulait être une parodie de religion totalement délirante autour d'une divinité inédite : le Monstre en Spaghettis Volant. Il me semble qu'il y avait également une vague histoire d'huître anencéphale dont je ne me souviens plus le rôle.
L'idée m'avait à l'époque séduit : parodier un peu toutes les religions en créant une nouvelle croyance totalement absurde – pas plus que celle des religsions « officielles » lanceront peut être certains esprits chagrin – selon laquelle le Monde aurait été créé par une antité révélée à la Sagesse des Hommes : le Monstre en Spaghettis Volant, qui, de son tentacule nouillesque, ferait la pluie et le beau temps sur ce bas monde. Je me souviens avoir beaucoup ri à l'époque devant mon écran d'ordinateur, peut être le contre-coup de mes lectures d'alors qui consistaient en des thèses de droit public guère distrayantes. Je vous laisse donc deviner ma joie lorsque, farfouillant dans les rayonnages de la bibliothèque d'une copine, je repérais un étrange bouquin argenté et qu'après l'avoir extirpé de sa niche, j'en lu le titre : « L'Evangile du Monstre en spaghettis volant ». Je ne pus résister plus de quelques jours avant que de m'en procurer un exemplaire, croyant passer un bon moment de fou-rire, ou de rire fou, tout est question d'interprétation.
Sitôt rentré chez moi, j'ouvrais le bouquin à la première page et me lançais dans une lecture que j'espérais savoureuse.
Hé bien, hé bien... j'avoue m'être forcé à aller au bout du bouquin, tant je déteste laisser une lecture en plan (le premier et dernier en date est « Le bruit le la fureur » de Faulkner... c'était il y a plus de dix ans) car je suis déçu déçu déçu... Voui !
Pourquoi, me demanderez-vous...? Cela ne tient peut-être qu'à moi, mais l'absurde ne supporte pas la demi-mesure. Lorsque l'on se lance dans une vanne absurde, il faut jouer le jeu jusqu'au bout, avec tous les ingrédients qui sayent à la discipline, soit que l'on construise un raisonnement ad absurdo de toutes pièces, soit que l'on raisonne ad absurdo à partir d'éléments tangibles. C'est comme tout ce qui est kitscherie : cela n'a de sens que si l'on se donne les moyens de la démesure. A défaut, autant s'abstenir.
L'ouvrage, je l'ai déjà exposé, propose une nouvelle doctrine éhontément farfelue, le Pastafarisme, fondée sur la croyance en un Monstre en spaghettis volant, alternative à Zeus, Dieu, Allah, et autre Être Suprème dont l'existence n'a à ce jour pas été rigoureusement démontrée. Car c'est là le point de départ de la réflexion de l'auteur : puisque toutes les religions reposent sur la croyance en un Dieu dont l'existence est indémontrable, pourquoi alors ne pas croire en un Monstre en spaghettis volant ? Certes, c'est assez séduisant, et avec un peu d'imagination et une bonne dose de folie, le résultat final promettait d'être excellemment gratiné. Nous dirons plutôt que le gratin est passablement fadasse, voire trop cuit.
En effet, l'auteur s'attaque à du très lourd en voulant jouer avec les religions en employant leur propres armes : le recours à l'acte de foi et la négation de la démarche scientifique. Si encore Bobby (c'est le prénom de l'auteur) y mettait un peu du sien, l'ensemble aurait pu être digeste. Mais l'éccueil est de vouloir démontrer l'indémontrable en restant sur le registre du scientifique, comme si les religions l'étaient ! Aussi le lecteur est abreuvé de pseudo-démonstrations bancales (c'est voulu) mais qui ne font qu'à peine sourire, voire pire, ne soulèvent même pas d'engouement intellectuel. Et pourtant un tel sujet ouvre une matière quasi infinie. Je me référe souvent à un chef d'oeuvre de faux bouquin : le célébrissime « La Molvanie » édité chez Jetlag. Les auteurs ont réussi le pari de créer un faux pays, doté d'une vrai fausse culture, d'une histoire, d'un contexte, d'un folklore. Si tout y est lancé à la louche, on ri à gorge déployée plusieurs fois par page, de bout en bout. Or, rien de tout cela dans cet Evangile. En réalité, les pages les plus drôles (tout est ici relatif...) sont à la fin du bouquin : il s'agit de deux pages sur lesquelles sont résumées les croyances de cette nouvelle Eglise. Ce qui me pousse à croire que si le sketch est drôle condensé en une feuille A4, il l'est nettement moins délors que l'on cherche à le développer, parce que le gag se dilue et l'effet comique se perd. Comme quoi, les meilleures sont parfois les plus courtes.
Vous l'aurez compris, je ne vous conseille pas ce livre que je n'ai pas aimé... Malheur pour moi, j'avais pris le soin d'en acheter deux, l'autre étant pour offrir. Si quelqu'un le veut, je le lui donne de bonne grace. Ce n'est pas le genre de cadeau que je tiens à faire à mes amis qui méritent mieux que ça...
Cause double emploi Donne "Evangile du Monstre en Spaghettis Volant" Etat neuf
December 01 Somewhere over the rainbow
Tard la nuit dernière, alors que je m'apprêtais à mettre un point final à une longue et fastidieuse séance de correction de copies, un coup d'oeil sur mon ordinateur m'indiquait la date du dimanche 30 novembre. La fatigue (et un verre de Vodka caramel) aidant, je me livrais à un malencontreux jeu d'association d'idées qui me menait tout droit à un autre dimanche 30, celui du mois de mai dernier - 6 mois déjà - où je raccompagnais à la gare et voyais pour la dernière fois, sans que je le sache alors, quelqu'un que j'aimais avec une infinie passion et dont le Destin a voulu que jamais plus nous ne nous revoyions. Depuis, de l'eau a coulé sous le pont Saint Pierre et les larmes intérieures autant qu'extérieures ont peu à peu cédé la place à la joie de vivre optimiste qui me fait avancer. Cet après midi encore, alors que je faisais des recherches dans les fichiers de mon ordinateur, une photo mal rangée réveillait en moi des souvenirs doux-amers dont je m'aperçois que j'ai bien du mal à guérir définitivement, telle une plaie qui a bien cicatrisé mais qui tiraille encore de temps en temps. Alors que l'on pense aller mieux, il y a toujours un petit cailloux dans la chaussure pour vous rappeler que vos pieds vous font mal. J'ai beau faire tout mon possible pour aller de l'avant, il est parfois des instants où le passé est le plus fort et la mémoire cruelle. Après 5 mois de passage à vide (hé oui...) je refais surface et reprends goût à certaines choses qu'il est parfois bien difficile de partager avec autrui, même et y compris sur un blog où je n'ai jamais directement évoqué la question. Parce qu'il est certains "choix de vie" qui précisément n'en sont pas (si seulement j'avais eu le choix...) et que contrairement à ce que l'on pense, notre société n'est pas aussi tolérante que ce que l'on veut bien croire et que chaque jour des gens se font casser la gueule pour être ce qu'ils sont. Mais parfois, à force de se taire, on étouffe, on se meurt. Il y a un an et demi que j'ai subi un gros pétage de plombs canalisé par une oreille attentive doublée d'un coeur énorme, à qui je suis éperdument redevable et pour laquelle mon affection est sans limite. Il se reconnaîtra s'il me lit mais sais déjà tout le bien que je puis penser de lui. Secret je suis, secret je reste, mais le besoin de livrer une part importante de l'ombre dont je me pare était ce soir la plus forte. J'y cède avec appréhension. C'est un petit pas pour l'humanité, mais un grand pas pour le Tambour Major... Peut être certains seront choqués... je m'en fous. Ce n'est plus mon problème, mais le votre, si tant est que cela puisse constituer un problème. Relisez ce que j'ai écrit deux paragraphes plus haut. 6 mois... C'est long, mais si bref... Je ne pensais pas que les sentiments pouvaient dézinguer quelqu'un de la sorte. Maintenant je sais qu'on est bien peu de choses. Et cela m'énerve d'autant plus que je déteste ne pas maîtriser les situations, ne pas décider (n'en déduisez rien surtout !). J'espère que de son côté tout va bien et qu'il fait son chemin, comme j'essaie de faire le mien... I sit by my window Seems I've wished upon every star I see Someone with whom to share whatever life may bring Where could he be? Sometimes I wonder Is it really only a matter of time Where could he be? Where could he be? Les mots ne sont pas de moi. Je les emprunte à un autre blog que j'avais parcouru par le plus grand des hasards l'an passé (comme quoi il n'y a pas de hasard, il n'y a que des coïncidences). J'hésitais à le poster, ne me sentais pas prêt pour cela. C'est désormais chose faite. November 27 Hands up to the ceilingJ'aime bien mon bureau. C'est un endroit dans lequel je passe beaucoup de temps. Une vaste pièce carrée de 4 mètres par 5, assez haute de plafond et donnant sur les toits de tuiles rouges. Les deux grandes fenêtres y laissent entrer une abondate lumière qui filtre à travers le ciel dont je peux admirer à loisir le bleu profond ou, à l'inverse, la mer de nuages blancs ou noirs. Alors que le froid de novembre engourdit les membres, ici il fait si bon, la clarté si réconfortante, perché au deuxième étage loin des tumultueux étudiants...
Assis à mon bureau, les coudes confortablement calés, le regard se perdant vaguement au centre de l'écran de mon vieil ordinateur, j'ouvre mon blog pour voir ce qu'il s'y passe, qui m'a laissé un commentaire, qui est venu me lire... toutes ces petites choses que font sûrement les bloggueurs plusieurs fois par semaine afin de satisfaire ce petit coté narcissique sans lequel on se sent vide.
La page s'ouvre, lentement, le disque dur se met en branle façon moissoneuse batteuse, puis vient l'accalmie lorsqu'émerge la douce voix de Tracey Thorn sur un accompagnement de guitare accoustique mêlé de quelques notes de piano électrique :
Here is the street and here is the door
Same as it was before And up the stairs and on the wall Is .... Kiss and Terry Hall And Siouxsie Sioux and Edwin too And Bobby Dee in '63 And everything I knew was good And like it was just understood Now I need that feeling I'm reaching for that feeling Hands up to the ceiling And the rain came down on a cold, gray town And I showed myself to them And I went underground Then I closed my eyes And something passed me by I didn't even try And I don't remember why And now I need that feeling I'm reaching for that feeling Hands up to the ceiling Hands up to the ceiling J'aime beaucoup cette chanson. Elle me correspond assez pour quelques aspects de ma vie. De nature généreuse et toujours à cent à l'heure, je suis pourtant un grand calme introverti. Je ne me confie pas facilement et, si mon sourire et mon entrain sont ma signature, au fond de moi reste toujours un noyau de douce mélancolie paresseuse que je ne laisse que rarement transparaître. Je ne sais que trop bien que l'humour est une arme, redoutablement efficace. Politesse du désespoir dit on. Oui... parfois.
Chaque fois que je l'écoute, dès les premières mesures j'ai l'impression étrange d'être nu, qu'elle pénètre profondément dans des recoins de mon cerveau dont j'ignore l'existence, et qu'elle remet à flot un certain nombre de choses que j'avais oubliées ou occultées. Une envie de me blottir très fort au chaud, comme une soif de réconfort, que quelqu'un me serre tout contre lui et, tel à un petit garçon perdu, me dise que ce n'est rien, que tout va bien.
Les choses pourraient être tellement simples...
La vie est facétieuse.
And now I need that feeling ...
... I'm reaching for that feeling ...
... Hands up to the ceiling
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November 26 L'anguille (contribution sociologique)
La vie regorge d'occasions de se réjouir. Un beau coucher de soleil, le sourire d'un enfant, une soirée entre amis, une grasse matinée au calme, se blottir dans les bras de l'être aimé, un café aux arômes savoureux qui ponctue la journée, une musique qui vous émeut aux larmes, une soirée au coin du feu, un film de Christophe Lambert... C'est si simple... La vie regorge aussi d'occasions de se mortifier ; je ne m'attarderai pas davantage et vous épargne une litanie par trop funeste. J'avais déjà évoqué dans un billet précédent le cas du boulet qui se plait à vous encombrer inutilement l'existence (oui, je suis très fier de ce billet... Bé quoi ? J'ai le droit d'aimer parfois ce que je fais non ?). Hé bien je crois avoir décelé un autre prototype d'énergumène qui peut pousser un Tambour Major - ou un congénère humain - au suicide : l'anguille. Hormis chez les amphitryons amateurs de bonne chaire qui l'aiment grillée ou en sauce, ce poisson amphihalin thalassotoque, benthique et lucifuge vous diront les spécialistes, n'a pas très bonne presse. Tout d'abord, il ressemble furieusement à un serpent, ce qui n'est pas la première des qualités pour nous autres, occidentaux. Souvenons nous ensemble de la mésaventure d'Adam et Eve qui nous enseigne qu'il faut se méfier de cet animal sournois et tentateur, cause du malheur des hommes alors qu'on pourrait se la couler douce au Paradis.
Outre la tradition judéo-chrétienne qui voit dans l'anguille, par association avec le serpent, un animal repoussant, d'autres cultures ne sont pas moins tendre avec elle. Jugez en plutôt : dans la mythologie Celte, la déesse de la guerre, furieuse de ne pas être aimée du beau héros, se transforme en anguille et se venge en s'aggripant à sa cuisse, le mordant toutes dents dehors. La sale bête !! En Polynésie, une autre légende raconte que le premier cocotier vient de la tête d'une horrible anguille à qui l'on voulait marier la fille du soleil et de la lune. Heureusement, un beau et preu chevalier décapita le reptile dont la tête fut abandonnée sur le sable. Je simplifie un peu mais c'est l'idée générale. Vous irez chercher vous-même. Vais pas non plus faire tout le boulot non ? Bon,trève de blabla, revenons à notre étude... A quoi reconnaît on une anguille ? Nous dirons qu'il s'agit d'un individu a priori normal, et qu'une observation rapide de son comportement en biotope urbain ne permet de le distinguer d'un autre. A priori seulement car, après quelques heures de pratique, on se rend compte que notre anguille présente l'aptitude toute particulière de pouvoir allègrement serpenter en eaux claires comme en eaux vaseuses et d'y mener ses petites affaires tambour battant (non, ce n'est pas un jeu de mot). De serrage de mains en léchage de culs, voire suçage de bites (ce sont des images...) notre anguille vogue au gré de ses intérêts, se faufilant à travers les paniers de crabes les plus infréquentables, pratiquant ici ou là avec une virtuosité qui frise l'indéscence ou qui, c'est selon, sucite l'admiration, le "pousse-toi-de-là-que-je-m'y-mette". Si l'anguilla vulgaris doit son agilité à l'épaisse couche de mucus dont son corps est recouvert et qui la rend si désagréable à manipuler (rappelez-vous cette séquence mémorable de la cultissime émission "La Cuisine des Mousquetaires" - dont je conserve le souvenir ému - où l' inénarrable Maïté tente de trucider une anguille à l'aide d'un gourdin et que l'animal lui file entre les doigts...), l'anguille qui nous occupe aujourd'hui doit son agilité à sa viscosité intellectuelle... Non content de vous faire un bras d'honneur à la moindre occasion qui lui permette de continuer sa médiocre ascension sociale sans honneur, l'anguille arbore presque toujours un sourire de façade et pratique au besoin la courbette et le baiser de main, n'hésitant pas à gratifier de son indispensable personne toute mondanité où il sera susceptible de séduire un esprit assez faible pour ne pas lire dans son jeu, à moins qu'il ne tombe sur plus fort que lui : une autre anguille de plus forte carrure qui voit en ce jeune leptocéphale inoffensif un serviteur dévoué et docile qu'il pourra presser comme un citron et jeter à la poubelle lorsqu'il sera desséché, flétri par l'usage, mais ravi de pouvoir servir dans l'ombre d'un plus grand, inconscient du drame qui se trame au dessus de lui... La loi du plus fort est toujours la meilleure chez les prédateurs. Bouffer ou être bouffé, telle est la règle du jeu. Vous l'aurez compris, si je brosse à grands traits les caractéristiques d'une anguille c'est que j'en ai une qui gravite dans mon sillage, tapie derrière les apparences d'un collègue inoffensif. Sauf qu'elle ignore qui est le Tambour Major qui, fort de quelques années d'expérience, écoute beaucoup mais parle assez peu, de sorte que je sais pas mal de choses qu'on me dit innocemment alors que je ne demande rien. D'autant que chacune de ces information est intrinsèquement inoffensive, ce qui ne pousse pas à la discrétion de mes interlocuteurs, à ma plus grande satisfaction. Mon anguille se présente donc sous la forme d'un médiocre doctorant d'une grande faculté de la ville où j'officie régulièrement et avec lequel j'ai le bonheur de coopérer. Je l'avais rencontré voici déjà 3 ou 4 ans alors que j'étais jury d'un concours administratif. Le bonhomme m'avait alors paru assez sympathique quoique grande gueule, la ramenant un peu tout le temps, étalant sa science comme on étend du Nutella sur une crêpe encore chaude : largement. De taille moyenne, plutôt maigrichon, le visage osseux et les cheveux plaqués en arrière sous l'effet d'une surdose manifeste de gel finition brillant, mon anguille (que j'appellerai Igor) a le chic pour s'habiller de vêtements venus d'un autre âge... Pull jaune poussin, cravates comme personne hormis les Deschiens n'en ont porté ces 20 dernières années, costumes un rien trop larges qui lui donnent l'air d'un gamin qui fait mumuse avec les fringues de son papa et joue à être un grand, je vous résume là l'essentiel pour le total-look, Igor est ... ridicule ? Non pas exactement... il est presque ridicule. Autre trait de personnalité de Igor l'anguille, sa façon de parler. Igor aime s'écouter parler et faire des phrase inutilement léchées, même - et surtout ? - lorsque le protocole n'a plus lieu d'être et que la confraternité laisse place à des conversation aux accents gaulois. Coincé du cul ? Peut être... Il est vrai que la sexualité de l'anguille interroge encore les scientifiques. Bref, notre anguille à nous vous adressera toujours la parole comme si vous étiez Heni IV et traversera volontiers la rue pour vous gratifier de ses salutations poussives, ou tentera le diable pour braver la foule compacte d'une salle de cocktail comble pour venir vous importuner alors que vous étiez en bonne compagnie et que, faux-cul, vous faisiez mine de ne pas l'avoir vu... Mais c'était sans compter sur son sens aigu du relationnel. Igor s'approchera alors de vous, s'immiscera subrepticement et sournoisement dans une conversation à laquelle il n'était pas convié, et finira par vous causer de choses dont vous n'avez rien à foutre, tandis que votre estomac se retourne sous l'effet conjugué de sa présence et de son haleine fétide. Car, oui, Igor pue de la gueule... Je ne sais pas si c'est de l'acidité gastrique ou un manque d'hygiène buccale (qui a dit les deux ?), mais je vous assure que c'est une raison supplémentaire, voire une bonne raison tout court, pour ne pas le laisser s'approcher. L'autre jour, j'ai bénéficié d'un moment de joie intense, proche de l'orgasme : j'ai grillé une anguille... Nous sommes un soir de grande mondanité dans une Vénérable Institution Toulousaine dont la pureté d'âme présumée fera rire quiconque connaît le dessous de quelques cartes. Mais ce n'est pas le propos de ce jour. Bref, nous sommes au moment du cocktail de réception, tout ce que la Ville Rose compte en huiles se trouve réuni là et en ma qualité de bras droit d'un des Big Boss, je me devais d'être présent. Igor était aussi de la partie, pour une raison que je n'ai toujours pas comprise étant donné qu'il n'a strictement RIEN à voir avec cette Vénérable Institution Toulousaine, qu'il ne travaille pas pour elle, ni ne fait partie d'aucun de ses comités directeurs. La seule raison que je puis trouver c'est la présence des huiles et la possibilité qui lui est alors donnée - sur sa propre invitation spontanée - d'astiquer quelques rectums d'un revers de langue appliqué dont il a le secret (c'est peut être là la raison de son haleine de teckel eczémateux ?). De par mes fonctions, et en représentation, j'étais en train de discuter très simplement avec le Président d'une juridiction Toulousaine et son confrère de la Chambre Régionale des Comptes qui m'avaient alpagué le plus jovialement du monde, lorsque je vis se faufiler entre deux plateaux de petits-fours, l'anguille et son épouse (elle aussi de cette espèce). J'observe les deux compères louvoyer habilement entre deux importuns faisant obstacles avec leur coupe de champagne à la main, et les voici tout souriants au milieu de notre conversation, désirables comme deux pintades au milieu d'une autoroute à 4 voies. Monsieur le Premier était sur le point de partir alors que nous discutions de l'éventualité de déjeuner ensemble pour parler manucure et je ne voulais en aucun cas que Igor me vole la vedette. C'était moi la star...! Lorsque en un éclair (le génie ?), je lui proposai à Monsieur le Président de lui donner ma carte de visite, ce à quoi il répondit immédiatement en me tendant la sienne, le plus spontanément du monde, au nez et à la barbe de mon anguille que je vis serrer puissamment les mâchoires pour étouffer un cri de rage, fou qu'il était d'avoir échoué si près du but. La vie regorge d'occasions de se réjouir...
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